Katalin Nádor

Tribute to Hungarian Masters
Katalin Nádor s’est dédiée corps et âme à la photographie, au point d’en oublier de profiter de la vie disait-elle. Pour autant, elle ne se considérait pas comme une artiste en tant que telle et n’a suivi durant sa carrière aucun genre, ni tendance, préférant photographier pour son simple plaisir personnel. Son oeuvre se caractérise par une forte individualité, toutefois, elle ne s’accompagne jamais d’un quelconque contexte biographique.

Née en 1938 à Budapest, Nádor est discrète. Elle exerce durant plus de trente ans le métier de photographe de musée au Janus Pannonius Museum de Pécs, la ville où elle décèdera en 2018. Dans le cadre de ce travail d’archive, elle photographie avec une grande minutie les différentes oeuvres du musée. Cette attention accordée aux détails est une caractéristique que l’on retrouve dans sa production artistique. Son travail fait le lien entre la photographie en tant que moyen de documentation et la photographie en tant que médium artistique à part entière.

Tout au long de sa carrière elle a puisé son inspiration dans diverses sources. Le Janus Pannonius Museum est une institution muséale particulièrement tournée vers la modernité et elle y a documenté le travail d’artistes illustres tels que Ferenc Martyn ou Victor Vasarely. Elle a également travaillé dans les années 1970 avec les artistes de l’atelier de Pécs et, par leur biais, elle a donc été en contact avec différentes tendances néo-avant-gardistes. Cette collaboration fut particulièrement déterminante dans la réalisation de son oeuvre, comme on peut le voir notamment avec le travail qu’elle entreprit sur la superposition dans certains tirages de la série Graphic effects. Travailler avec les artistes de cet atelier la mena aux nombreuses expérimentations qui lui permirent de réaliser ces tirages abstraits. Elle s’inscrit dans l’héritage des précurseurs hongrois tels que László Moholy-Nagy, Tihamér Gyarmathy et György Kepes.

Katalin Nádor a réalisé plusieurs séries abstraites. Elles rassemblent notamment des objets du quotidien dont les détails, agrandis à l’extrême, en viennent à former des motifs géométriques abstraits. Ainsi, l’objet photographié se détache de toute matérialité physique et de tout aspect figuratif. Elargir un motif est un moyen conventionnel en photographie de s’extraire du réel. Katalin Nádor l’utilise dès ses premières séries à la fin des années 1960 afin de créer une esthétique abstraite dans laquelle ne subsiste plus aucun élément réaliste. Ses gros plans de gouttes d’eau ou de bulles de savons créent des structures géométriques et des compositions à l’aspect graphique, structurel. Elle utilise pour cela une combinaison de plusieurs matériaux, transforme des liquides en images statiques et rend leur aspect translucide par son travail de la lumière.

Les tirages de Katalin Nádor, en se détachant de la dimension figurative de l’objet photographié, peuvent exister par eux-même. Ils deviennent artistiques à proprement parler et non plus un simple moyen d’appréhender la réalité. C’est dans cette dimension à la fois concrète, ancrée dans le réel, mais aussi abstraite et conceptuelle, que réside toute l’ambiguïté de ces tirages de l’artiste qui deviennent le support de la dialectique entre réalité et image.

Dans les années 1970 en Hongrie, la réalisation d’oeuvres d’art abstraites va à l’encontre de l’art réaliste prôné par le pouvoir étatique. L’art abstrait revêt donc, volontairement ou non, une dimension politique. L’exposition de l’atelier de Pécs en 1973 à la chapelle de Balantonboglár, à laquelle Katalin Nádor participe, est ainsi considérée à posteriori comme une action politique et est conséquemment bannie par l’Etat. Le rapport entretenu avec l’abstraction est différent de ce côté du rideau de fer. Il en va de même avec les objets du quotidien qui revêtent une force nouvelle loin de l’esthétique nationaliste magyare ayant tendance à documenter la joie de vivre aux champs.

Hormis ses séries abstraites, Katalin Nádor a produit un grand nombre d’autres tirages qui explorent les différents genres et techniques permis par la photographie, cependant elle refusera toujours le statut de photographe, se définissant simplement comme « quelqu’un qui travaille avec la lumière ». En cela elle nous rappelle un des maîtres de l’art du XXe, László Moholy-Nagy.
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