Gil Rigoulet

Deaf Love
Soliflore délaissé…
Homme Narcisse,
Femme sans visage…
Corps fuyants,
Yeux perdus,
Blanche nuit.

…Alphabet de nuits d’amour.

Une nuit pour toutes les nuits. Le temps s’étreint, les années se dissipent, les histoires ont pâlit.
Un matin, il ne restera rien. Une trace de rouge sur le verre, les corps ne sont plus, chair étrangère, les objets muent et s’incarnent. Verres, vases… leur éclat ne devrait pas masquer la trompeuse transparence. Ils sont pleins de mots, de râles, de soupirs, d’amours évanouis.

L’ordonnancement des objets répond à l’ordre d’un monde. Celui de l’homme derrière la caméra. Acteur, voyeur, opérateur et conteur d’une nuit de l’indicible murmure entre deux amants. Jamais ensemble, la rencontre a lieu ailleurs. Chacun dans sa solitude. L’homme se dérobe, la femme s’exhibe fièrement, provocatrice, conquérante. Le corps déployé et la croupe affirmée. Tandis que l’homme dissimulé sous les draps s‘ampute de ses membres. L’homme tente de se dérober à son propre regard. Fatigué de voir, il se cache les yeux. Les yeux fermés, Que voit-il? Qui pour voir pour lui alors?
Le photographe? Cet autre lui-même qui apparaît et disparaît au gré des visions. L’oeil ne s’éteint jamais. Toujours aux abois, aux aguets, d’un sentiment, d’une lumière qui passe : anathème de l’artiste. La difficulté d’être un seul être. S’oublier ou renoncer à l’œuvre.

Revenir à la réalité. Des corps électriques s’arrachent au rêve. La fièvre a passé, elle a tout emportée sauf les images. Figés pour une éternité factice, homme et femme comme deux survivants. La nuit ne sait les retenir. Semblables aux vampires, le jour naissant, ils se dérobent à la lumière. Seule la photographie écrit leur existence. La lumière est tout. Lumière soit!

Lumière fût. La chambre est vide, les corps dissous dans l’eau originelle, de la matière pure, ils sont déjà loin, la photographie ne suffit pas.

Selma Bella Zarhloul


Gil Rigoulet sur le Polaroid 665

"Ces Polaroid ont passé 15 ans dans une boîte. Ils content des histoires intérieures, une histoire entre nous, des histoires avec moi, une esthétique de mon quotidien. Je les retrouve, ces objets du quotidien, ces corps, beauté éphémère des instants de vie, dans ce regard posé sur l’intimité de mes jours. Ces Polaroids 665 positif, après 15 ans d’oxydation des parties non ou mal fixées pour obtenir ce jeu de traces et de disparition des formes, sont un peu ce mimétisme avec la mémoire qui s’étiole avec le temps. Un livre objet est paru aux éditions the(M), sous le titre « Mes jours » tiré à 100 exemplaires."


All photographs ©Gil Rigoulet
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